La Shaw Brothers revient! A l'occasion des 10 ans de Wild Side, remise en avant de l'ensemble de la collection en DVD ! Tous restaurés et accompagnés de bonus, les 46 films seront proposés en coffret 2 DVD thématiques à partir du 15 mars, ainsi que 2 coffrets Trilogie DVD / Blu-ray. Ce blog est modéré par Frédéric Ambroisine, conseiller éditorial de la collection depuis sa création en 2004 et spécialiste du cinéma hongkongais.



Exceptionnel : Nuit Shaw Brothers à Paris au cinéma La Pagode ce Samedi 31 mars !
Venez découvrir ou re-découvrir en salle 3 films mythiques du cinéma kung-fu : La 36e Chambre de Shaolin, La Main de fer et La Rage du tigre.


LA 36ème CHAMBRE DE SHAOLIN (THE 36th CHAMBER OF SHAOLIN) de Liu Chia-liang (1978)





Face à l’oppression du peuple chinois par les Mandchous, le jeune étudiant Liu Yu-Te rejoint la résistance, jusqu’au jour où son activité est découverte, entraînant le massacre de sa famille et ses amis. Traqué par l’ennemi, Liu décide de rejoindre le temple de Shaolin dans le but d’y apprendre le kung fu. C’est avec difficulté qu’il se fait accepter par les moines qui, d’ordinaire, refusent de communiquer leur art aux laïcs. Rebaptisé San Te, le jeune rebelle entame un parcours initiatique qui passera par une série d’épreuves se déroulant dans 35 chambres…

LA MAIN DE FER (KING BOXER) de Chung Chang-wha (1972)





Chin-hao est un jeune élève doué, à qui son maitre (« Sifu ») n’a plus rien à enseigner. Il est envoyé chez un autre maître réputé. D’abord affecté à des tâches anodines, il intègre rapidement les cours et affronte les autres élèves. Bientôt, un tournoi de Kung Fu entre écoles décidera de la meilleure d’entre elles. Mais les basses manœuvres de certains clans pour anéantir les éventuels challengers sèment la panique dans les écoles. Un père et son fils, assistés de redoutables mercenaires japonais s’attaquent à Chin-hao et lui brisent les mains. Convalescent et déprimé, Chin-hao ne se laisse pourtant pas abattre. Il redouble de courage, d’énergie pour guérir et s’entraîner deux fois plus fort. Son vieux maître fatigué lui enseigne alors une technique secrète, qui peut le rendre invincible : la technique de la Main de Fer … !

LA RAGE DU TIGRE (THE NEW ONE-ARMED SWORDSMAN) de Chang Cheh (1970)





Dans une Chine ensanglantée par les guerres de clans, le justicier Lei Li (David Chiang) est accusé à tort du vol du trésor du clan du Tigre, suite à une rumeur lancé par le fourbe Lung (Ku Feng). Attaqué par le Tigre et ses hommes, Lei Li les met en déroute. Mais Lung, que tous prennent pour un homme sage, surgit et propose à Lei Li un combat loyal, dont l'issue décidera de son innocence, ou non. De plus, le perdant aura le bras droit tranché… Lei Li accepte mais Lung gagne par traîtrise, grâce à une arme truquée. Piégé, Lei Li s'inflige la mutilation promise et renonce pour toujours à se battre. Un an plus tard, Lei Li est devenu homme à tout faire dans une auberge où il subit de fréquentes humiliations. Ces meilleurs amis sont Pa Chao (Li Ching), la fille de l’aubergiste et Feng (Ti Lung), un guerrier sans maître. Le jour où les hommes du Tigre tente de violer Pa Chao, Feng et Lei Li lui sauve la mise. Furieux, Fang se rend au fort du Tigre … .

A partir de minuit - La Pagode : 57 bis, rue de Babylone 75007 Paris. Films interdit aux moins de 12 ans

Réservations : magasins Fnac et sur fnac.com - Prix : 17,60 € - http://bit.ly/resanuitShaw

A l’occasion des 10 ans de Wild Side, l’ensemble des 46 films de la collection consacrée aux trésors du studio mythique de Hong Kong est remis en avant.

Tous restaurés et accompagnés de bonus, les films sont désormais proposés en coffrets 2 DVD thématiques et coffrets Trilogie DVD / Blu-ray, dont la Trilogie du Sabreur Manchot, pour la 1ère fois disponible en Blu-ray ! (collection disponible dans les magasins Fnac et sur Fnac.com)

00:56

Les "garces" de Chang Cheh

Publié par Fred

Chang Cheh, cinéaste macho ? Chang Cheh cinéaste misogyne ? Une chose est claire : depuis qu’il a imposé le style ‘Yanggang’ (film de sabre masculin ultra viril) avec "Tiger Boy" et "Le Trio Magnifique" (sortis dans les salles hongkongaises en 1966), on se rend compte que les femmes ont une importance très secondaires voire minimes dans ses films.


Poster ciné américain de "Un seul bras les tua tous" (1967)
source: wrongsideoftheart

Généralement potiches (Chiao Chiao dans les deux premiers Sabreur Manchot, Li Ching dans le troisième...), certains personnages féminins des films de Chang Cheh sont parfois moins passifs que d’habitudes, comme ceux de Pei-er (joué par la craquante Violet Pan Yin-zi) dans "Un seul bras les tua tous" (1967).


Pan Yin-zi. 1967.

Belle-soeur du héros (interprété par Jimmy Wang Yu), Pei-er est une épéiste douée qui par jalousie (le manque d’attention de son père qui s’intéresse plus à un orphelin qu’à sa propre fille) lui... tranche tout simplement le bras ! (par traitrise qui plus est). Même si ce n’est pas "la méchante" (elle devient même otage dans la dernière partie du film), cette fille à papa pourrie-gâtée est belle et bien la source des malheurs du Sabreur Manchot.


Elle vient effectivement de te couper le bras, mec.

Dans le second volet de la trilogie, "Le Bras de la Vengeance" (1968), la taiwanaise Essie Lin Chia incarne par contre une vraie méchante au même titre que les autres adversaires du héros (incarnés entre autres par Ku Feng, Liu Chia-liang et Tang Chia) qui sont très nombreux dans ce second opus survolté.


Essie Lin Chia. 1967.


Essie Lin Chia sur le tournage du "Bras de la Vengeance"



La technique qu’elle utilise pour venir à bout de la plupart des gentils du film est bien sur martiale (utilisation de dards mortelles) mais également d’ordre sexuelle. Telle une veuve noire, elle utilise en effet son charme pour attirer de beaux males naifs avant de les achever d’une façon cruelle (Ti Lung, qui apparaissait pour la première fois ici dans un film de Chang Cheh, en fera les frais.).

  
Essie Lin Chia se fait un homme dans "Le Bras de la Vengeance"


 
La trilogie du Sabreur Machot sortira en blu-ray le 15 mars 2012.

03:47

John Woo : Le disciple de Chang Cheh

Publié par Fred

Une série de chef-d’œuvres du polar hongkongais dans les années 80 et 90 ( « Le Syndicat du Crime 1 & 2», « The Killer », « Une Balle dans la Tête », « A Toute Epreuve »), une carrière hollywoodienne en dent de scie des années 90 aux années 2000 (« Chasse à L’Homme », « Broken Arrow », « Volte Face », « Mission Impossible II », « Windtalkers », « Paycheck ») et un des plus gros succès du cinéma chinois à la fin des années 2000 (« Les 3 Royaumes » alias « Red Cliff »). John Woo reste à ce jour un des plus grands réalisateurs du cinéma d’action au monde.




John Woo à Cannes (mai 2008, Taiwan party)

Né dans le sud de la Chine, il grandit à Hong Kong et commence sa carrière dans le cinéma en tant qu’assistant réalisateur dès 1969 à la Shaw Brothers.


John Woo parle de Chang Cheh (sur le DVD de "Frères de Sang")

Il travaillera surtout sous la direction de Chang Cheh qui deviendra son mentor et influencera clairement son œuvre tant au niveau des thèmes (amitiés viriles, fraternité, trahisons, vengeance) que de la mise en scène (orgie de violence flamboyante et mélodramatique).


Photo inédite de "Frères de Sang" 
(présentation de John Woo / DVD "Frères de Sang")

John Woo travailla notamment sur trois films majeurs de Chang Cheh, disponible dans la collection Shaw Brothers – Les Essentiels : « Le Justicier de Shanghai » (vous trouverez d’ailleurs une présentation de John Woo sur le DVD de ce film), « La Légende du Lac » (co-produit avec le Japon et adapté du célèbre roman classique « Au Bord de l’Eau ») et « Frères de Sang » (dont John Woo tournera un remake à peine déguisé en 1990 : « Une Balle dans la Tête »).


Bruce Lee visite le tournage de "Frères de Sang" (au premier plan, Chen Kuan-tai et David Chiang, ainsi que le chorégraphe Liu Chia-liang, à l'arrière plan, John Woo)
source: http://www.coolasscinema.com

John Woo intervient également (extrait d’un entretien réalisé par Caroline Vié, auteur d’un livre consacré à John Woo) dans un bonus consacré à Chang Cheh se trouvant dans le coffret DVD/Blu-ray de la trilogie du « Sabreur Manchot ».


John Woo à Cannes (mai 2010, Red Cliff party)


« … l’influence de l’œuvre de Chang Cheh se fait encore sentir aujourd’hui. Nous l’admirons pour son style cinématographique et son intégrité et sommes reconnaissants de son héritage qui est maintenant devenu partie intégrante de nos souvenirs les plus chers, et qui ne cessera jamais de nous inspirer. Il est par définition, un maître de notre temps. » (John Woo, septembre 2002 – LA, extrait de la préface de Chang Cheh : A Memoir, édité en anglais ou chinois par le Hong Kong Film Archive)






Novembre 1964. Le star-system de la Shaw Brothers et par extension du cinéma hongkongais est dominé quasi-exclusivement par les femmes : Parmi elles, Ivy Ling Po, 24 ans, récemment auréolée du succès de "The Love Eterne", Carrie Ku Mei, 35 ans, qui approche déjà les dix ans de carrière et qui cartonne à la fois dans la musique et le cinéma, Pat Ting Hung, 24 ans, qui vient de tourner dans le drame en costume "The Butterfly Chalice", premier film d’un scénariste de 41 ans nommé… Chang Cheh, Cheng Pei-pei, 17 ans, vient de finir son second film "The Orchid Island", sans oublier la vétérante Li Li-hua, 40 ans, qui a déjà 25 ans de carrière à son actif et tourne des rôles prestigieux dans les films les plus couteux de la Shaw ("L’impératrice Wu", "The Goddess of Mercy"…).

Pendant d’autres jeunes stars féminines telles que Tina Chin Fei, 22 ans, Ching Ping, 22 ans et Li Ching, 16 ans, sont déjà médiatisés alors qu’elles viennent à peine de rejoindre la Shaw, voilà que Chang Cheh réussit à convaincre les studios de produire un autre type de films, plus virils, plus brutaux, et destinés à un public surtout masculins. Pour le premier film de sabre du cinéaste, "Tiger Boy", la Shaw passe donc une annonce destinée à trouvers de nouvelles jeunes stars masculines à la fois charismatique et physiquement très en forme pour assurer avec efficacité les scènes d’action de ce film chorégraphiés par deux spécialistes dont on commence à peine à entendre parler: Liu Chia-liang et Tang Chia.



Cheng Lei, Lo Lieh & Jimmy Wang Yu (1964)

Après un casting énorme où défilèrent 1000 participants, trois furent sélectionnés : Jimmy Wang Yu, 20 ans, champion de natation, vainqueur de plusieurs compétitions locales. Après deux screen-tests, la Shaw lui offre un contrat de 7 ans et il hérite du rôle principal de "Tiger Boy". Lo Lieh, 24 ans, qui a suivi une formation à la Southern Drama Group (à la Shaw donc) se voit offrir un second rôle dans  "Fight" (film qui ne verra jamais le jour) et signe également un contrat de 7 ans avec la Shaw. Il apparaît dans un peit role dans "The Butterfly Chalice", celui du garde du corps d’un général. Quant à Cheng Lei, il fut choisi pour jouer le role princpal de "Fight", celui d’un brave jeune homme protégeant sa sœur contre des malfrats.



Lo Lieh, Jimmy Wang Yu & Cheng Lei se la coulent douce... plus pour longtemps 

Tourné en noir et blanc et plus ou moins à l’arrache (caméra porté, à l’extérieur des studios) "Tiger Boy" (film aujourd’hui apparemment perdu à tout jamais, snif) impressionnera la Shaw par son style novateur, mais les producteurs préféreront le laisser dans les tiroirs afin de permettre à Chang Cheh et ses trois nouveaux poulains de briller dans un film bénéficiant d’un budget plus confortable et surtout en couleurs. Ce film sera "Le Trio Magnifique", remake d’un classique du chambara (film de sabre japonais) réalisé par Hideo Gosha (futur réalisateur de "Hitokiri" et "Goyokin").



Jimmy Wang Yu et Lo Lieh sur le plateau du "Trio Magnifique" (1966)

Pour ne pas trop bousculer le public de l’époque, ce sont les stars féminines du film Margaret Tu Chuan, Chin Ping et Fanny Fan qui seront crédités avant les hommes. Ce sera la dernière la fois…




Fanny Fan et Cheng Lei dans "Le Trio Magnifique" (1966)

Le "Trio Magnifique" ressortira en coffret 2 DVD accompagné d’un autre classique de Chang Cheh, "La Légende du Lac" inspiré du célèbre roman "Au Bord de l’Eau".